Lorsque chronos se transforme en kairos 

Deuxième dimanche du Temps ordinaire, Année C – 20 janvier 2019 Isaïe 62,1-5 1 Corinthiens 12,4-11 Jean 2,1-11 L’évangile de dimanche dernier fut l’occasion de réfléchir au baptême de Jésus dans le Jourdain de même qu’à notre propre engagement baptismal. Dans l’Évangile de ce dimanche (Jean 2,1-11), les noces de Cana représentent une manifestation de la gloire de Dieu, la suite du thème de l’Épiphanie du Christ et l’inauguration de la mission divine sur terre par le Baptême de Jésus. Ce texte inspirant de la prière du soir (Vêpres) de la Fête de l’Épiphanie nous déclare : trois mystères distinguent ce jour saint; aujourd’hui, l’étoile mena les rois mages à l’enfant Jésus; aujourd’hui, l’eau se transforme en vin pour la fête du mariage; aujourd’hui, le Christ sera baptisé par Jean dans la rivière du Jourdain pour que l’on puisse obtenir le salut. Chaque événement est lié à une théophanie, par les preuves irréfutables d’une intervention divine, l’étoile, l’eau en vin, la voix des cieux, et la colombe. Le récit de la fête des noces de Cana s’inspire tout probablement d’un événement réel de la vie de Jésus. Une lecture approfondie du texte nous permet de repérer l’œuvre de l’évangéliste Jean qui illustre cette situation en superposant de multiples sens symboliques. Aujourd’hui, nous observons l’eau transformée en vin, l’ordinaire qui se transforme en l’extraordinaire et les débuts d’une ère messianique. Le miracle de Cana anticipe la façon par laquelle Jésus accomplira sa mission en versant son sang sur la croix. Éléments-clés du récit Prenons en considération plusieurs éléments-clés de ce récit largement symbolique de cet évangile qui n’a aucun parallèle avec les autres passages de l’évangile. Le mot signe (semeion) est le terme symbolique de Jean qui renvoie aux exploits merveilleux de Jésus. Jean s’intéresse principalement au sens des signes (semeia), c’est-à-dire à la nouvelle façon dont Jésus intervient dans l’humanité. À Cana, le symbolisme et la réalité se font face. Plus précisément, le mariage humain de deux jeunes est l’occasion d’aborder une autre union, celle du Christ et de l’Église qui sera atteinte lors de « son heure » sur la croix. À Cana en Galilée, nous découvrons le premier signe lorsque Jésus manifeste sa gloire et que les disciples crurent. La mère de Jésus L’invité principal lors de ce mariage n’était pas Jésus lui-même, mais bien sa mère, et l’évangile nous raconte que Jésus était également là avec ses disciples (vv 1-2). On ne nomme jamais la mère de Jésus dans l’Évangile de Jean. Le titre Femme que Jésus utilise pour désigner sa mère est une forme de politesse normale, excepté pour sa propre mère. (Voir Jean 19,26 où on utilise Femme et Mère pour la désigner.) Marie apparaît de façon symbolique; son rôle consiste à compléter celui des disciples. Elle est l’élément déclencheur du signe qui mène à l’expression de la foi des disciples. Ses paroles aux serviteurs lors du banquet nuptial : « Faites tout ce qu’il vous dira » (2,5) lancent une invitation à tous afin qu’ils deviennent le nouveau peuple de Dieu. Dans le quatrième évangile, à la fois à Cana et au calvaire, Marie symbolise non seulement sa relation maternelle et physique avec son fils, mais également son rôle largement représentatif de « Femme » et « Mère » du peuple de Dieu. « Mon heure n’est pas encore venue » fut la réponse de Jésus à la demande de Marie. Autrement dit, le temps de manifester pleinement sa gloire n’était pas encore venu. Elle se révélerait sur la croix. Cependant, les paroles de Jésus adressées à Marie ne sont pas la seule indication de ce dont il s’agit réellement. Le miracle en soi, c’est-à-dire la transformation de l’eau en vin, signifie que l’Ancienne Alliance entre le ciel et la terre sera changée en une chose entièrement nouvelle. Une situation malheureuse s’est transformée au moment où Marie prononça ces paroles à son fils. Lors de la fête des noces, le miracle eut lieu dès que Jésus s’adressa aux serviteurs. L’heure Un aspect important du récit de Cana est l’usage et le sens du mot « heure ». Dans le Nouveau Testament, le mot grec hora qui signifie heure, est généralement utilisé au sens du temps kairos plutôt que du temps chronos : « Mais l’heure (hora) vient – et c’est maintenant – où les vrais adorateurs […] » (4,23-24). On utilise le terme hora dans plusieurs récits des merveilles de Dieu afin d’identifier le moment de guérison et dans ces cas, on le traduit habituellement de façon instantanée. « L’heure » que Jésus mentionne à Cana est celle de sa passion, sa mort, sa résurrection, et son ascension (Jean 13,1). D’un côté, le temps chronos est la mesure de circonstances ordinaires qui donne la fausse impression que nous pouvons le gérer. Nous pouvons l’inscrire dans nos Blackberry, nos iPhone, et nos agendas pour ensuite nous en occuper selon nos propres termes. D’un autre côté, le temps kairos représente la discontinuité, c’est-à-dire un obstacle inatte

Source: Lorsque chronos se transforme en kairos | Fondation catholique Sel et Lumière média

Submit a Comment

Please Login to post a comment

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

Password Reset
Please enter your e-mail address. You will receive a new password via e-mail.