Une parole accomplie en notre présence : Esdras et Néhémie ravivent la foi 

Troisième dimanche du Temps ordinaire, Année C – 27 janvier 2019 Néhémie 8,2-4a.5-6.8-10 1 Corinthiens 12,12-30 Luc 1,1-4 ; 4,14-21 La première lecture de ce dimanche est tirée du Livre de Néhémie (8,2-4a.5-6.8-10), un livre qui raconte la reconstitution de la communauté juive après l’exil, la dispersion et la destruction de Jérusalem. On y relate l’histoire des débuts d’une nouvelle communauté. Ce livre déborde d’espoir et ce malgré de grandes difficultés qui pointent à l’horizon. Le prêtre Ezra, et un laïc, Néhémie, ont vécu à l’époque où le peuple d’Israël a été reconduit à sa terre, après les années de la captivité babylonienne. Il s’agissait clairement d’un temps de reconstruction. Le peuple avait perdu tout lien avec sa foi. Le Seigneur a envoyé Esdras et Néhémie pour enseigner au peuple ce qui avait été perdu, lui inspirer une fois de plus les idéaux de sa foi juive et reconstruire les structures communes de sorte qu’il puisse commencer à vivre sainement tant sur le plan social que religieux. Dans cette première lecture, la scène émouvante est celle où la loi sur laquelle la vie de cette communauté a été fondée, est proclamée de nouveau publiquement. L’assemblée l’écouta dans une atmosphère profondément spirituelle. Certains ont commencé à pleurer de joie pour avoir pu une fois de plus écouter librement la Parole de Dieu après la tragédie de la destruction de Jérusalem et ainsi commencer de nouveau l’histoire du salut. Néhémie les mit en garde, disant que c’était jour de fête et qu’afin d’avoir la force du Seigneur, il était nécessaire de se réjouir, en exprimant sa reconnaissance pour les dons de Dieu. En fin de compte, la Parole de Dieu est force et joie. Quelle est notre propre réaction à cette scène puissante ? Cette lecture est une invitation à chaque personne, spécialement celles qui œuvrent en pastorale, à remercier Dieu pour sa fidélité et ses dons et remercier tous ceux et celles qui ont travaillé à la reconstruction des fondations de notre foi et de notre Église chaque jour. La stratégie pastorale de Luc         L’Évangile selon Luc est le seul des évangiles synoptiques à commencer par un prologue littéraire [1,1-4]. Luc reconnaît sa dette envers les témoins oculaires et les ministres de la parole qui l’ont précédé, mais il affirme que sa contribution est un compte rendu complet et précis, destiné à fournir à Théophile (« ami de Dieu ») et aux autres lecteurs une certitude à propos des enseignements antérieurs qu’ils ont reçus. Luc ne dit pas aux gens que ce qu’ils ont appris auparavant était erroné. Au contraire, il les confirme dans leur foi, les affermit dans leur désir d’en savoir plus au sujet de Jésus, et met aussi les choses en ordre pour eux afin que la foi soit renforcée. Une telle stratégie pastorale est encore très efficace dans la transmission de la foi aujourd’hui.  Le retour de l’enfant du pays         Luc n’est pas le seul évangéliste qui rapporte la visite de Jésus à Nazareth « où il avait grandi » (4,16). Marc et Matthieu réfèrent également à cet épisode, sans toutefois mentionner le nom de la ville, appelé simplement « sa ville natale » (Mc 6,1; Mt 13,54). Il existe toutefois plusieurs différences entre le récit raconté par Luc et ceux de Marc et de Matthieu. Dans Marc, la visite de Jésus dans sa ville natale ne se trouve pas au début de son ministère, mais après une longue période de prédication et de ministère de guérison, même après le discours en paraboles (4,1-34) et la résurrection de la fille de Jaïre (5,21-43). Dans Matthieu, Jésus a déjà prononcé son discours sur la mission de « Douze Apôtres » (10,2-42). Luc a choisi de donner à cet épisode la première place dans son récit du ministère de Jésus. À première vue on pourrait penser que l’intention de Luc était de corriger la chronologie de Marc et de Matthieu. Un détail de son récit montre toutefois que cette supposition est erronée: alors qu’il prêche, il déclare que les gens de Nazareth lui diront : « Nous avons appris tout ce qui s’est passé à Capharnaüm : fais donc de même ici dans ton pays ! » (4,23). Ces paroles montrent qu’avant d’aller à Nazareth, Jésus avait commencé son ministère à Capharnaüm et avait déjà suscité une grande admiration au sein du peuple, au point que sa renommée avait atteint Nazareth. Un moment électrique  Jésus se tenant dans la synagogue de Nazareth fut sans l’ombre d’un doute un moment « électrique » Il prit le livre d’Isaïe et commença à lire à partir du chapitre 61. Le texte d’Isaïe est tiré d’un recueil de poèmes sur les derniers jours, qui prédit la rédemption de Jérusalem et symbolise le renouveau du peuple d’Israël. Placés sur les lèvres de Jésus, ces mots identifient ce dernier comme le prophète messianique de la fin des temps, et ils annoncent sa mission: annoncer la Bonne Nouvelle, libérer les hommes et les femmes et leur faire part de la grâce de Dieu. L’ensemble du ministère de Jésus doit donc être compris dans cette perspective.

Source: Une parole accomplie en notre présence : Esdras et Néhémie ravivent la foi | Fondation catholique Sel et Lumière média

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